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Xsec

Configuration des switchs Alcatel

Publié le 7 min de lecture

Mis à jour le

Partie 5 sur 6
Dans cette série41 min de lecture au total
  1. COUCHE 2 Vlan, Spanning-tree, Trunk, EtherChannel et encapsulation Dot1Q
  2. COUCHE 3 Routage statique, RIPv2, OSPF, NAT
  3. La hiérarchie du CLI Cisco
  4. Aide, autocomplétion, supervision, raccourcis
  5. Configuration des switchs Alcatel
  6. Accès distants

Un switch Alcatel-Lucent OmniSwitch fait le même travail qu’un switch Cisco, mais son système, AOS, ne raisonne pas de la même façon. Les commandes diffèrent, et surtout la gestion de la configuration repose sur un mécanisme absent d’IOS : deux répertoires de démarrage distincts, dont la compréhension conditionne tout le reste.

Cet article part de cette particularité, puis parcourt les opérations courantes dans l’ordre où on les rencontre : lire et sauvegarder, repartir de zéro, adresser et segmenter, empiler et superviser.

Un CLI qui ne raisonne pas comme IOS

Trois différences se remarquent dès les premières minutes.

  • Pas de modes imbriqués. Là où IOS impose enable puis configure terminal puis interface, AOS accepte toutes les commandes depuis une invite unique. Il n’y a pas de (config-if)# où se perdre.
  • Commandes insensibles à la casse. show vlan, Show VLAN et SHOW VLAN sont strictement équivalents. Les exemples de cet article utilisent les minuscules par convention.
  • La sauvegarde se fait en deux temps, ce qui est l’objet de la section suivante.

Pour qui vient de Cisco, ce tableau donne les équivalences les plus utiles :

ObjectifCisco IOSAlcatel AOS
Afficher la configurationshow running-configshow configuration snapshot
Sauvegarderwrite memorywrite memory puis copy working certified
Créer un VLANvlan 10 puis name TESTvlan 10 name TEST
Supprimer un VLANno vlan 10no vlan 10
Adresser une interfaceinterface vlan 10 puis ip addressip interface ... vlan 10
Voir les interfaces IPshow ip interface briefshow ip interface
Redémarrerreloadreload from working
NoteAOS 6 et AOS 8

Plusieurs commandes ont été renommées entre les deux générations majeures d’AOS, notamment celles de redémarrage : reload working en AOS 6 devient reload from working en AOS 8. En cas de doute, ? en fin de ligne liste les formes acceptées par l’équipement que vous avez devant vous, comme sur IOS.

Lire et sauvegarder la configuration

Afficher la configuration active

Terminal
show configuration snapshot

La commande produit une image de la configuration active, directement réutilisable comme fichier de configuration. Un mot-clé de fonctionnalité la restreint à un domaine précis, par exemple show configuration snapshot vlan.

Comprendre les deux répertoires

C’est la particularité structurante d’AOS. Le switch conserve deux jeux de fichiers de démarrage en mémoire flash.

RépertoireContenuRôle
/flash/workingla configuration en cours de travailreçoit vos modifications sauvegardées
/flash/certifiedla configuration de référencefilet de sécurité, connue comme fonctionnelle
ExplanationPourquoi deux répertoires plutôt qu'un

Sur IOS, une sauvegarde écrase la configuration de démarrage : si elle contient une erreur qui vous coupe l’accès, il ne reste que l’accès physique par le port console. AOS conserve une version certifiée intacte, vers laquelle le switch peut redémarrer automatiquement. Une modification à distance devient donc réversible sans déplacement.

Sauvegarder en deux temps

  1. Écrire la configuration active dans working

    Terminal
    write memory

    La configuration active est enregistrée dans /flash/working/boot.cfg. Le répertoire certifié reste inchangé : en cas de redémarrage sur certified, votre modification serait perdue.

  2. Vérifier l'état de synchronisation

    Terminal
    show running-directory

    La sortie indique le répertoire depuis lequel le switch a démarré et si working et certified sont synchronisés. C’est la commande qui répond à « ma configuration survivra-t-elle à un redémarrage ».

  3. Certifier une fois la configuration validée

    Terminal
    copy working certified

    Cette étape recopie working dans certified et fige la nouvelle configuration comme référence. Ne la lancez qu’après avoir confirmé que tout fonctionne, connectivité comprise.

    TipLe cas des chassis et des piles

    Sur un chassis à deux modules de gestion ou sur une pile, la commande write memory flash-synchro écrit la configuration et la propage à l’ensemble des éléments. Sans cette synchronisation, un basculement sur le module secondaire ramènerait une configuration périmée.

ImportantNe certifiez jamais dans la foulée

Enchaîner write memory et copy working certified sans avoir testé revient à supprimer le filet de sécurité au moment précis où il devient utile. Laissez volontairement certified en retard tant que la modification n’est pas éprouvée : c’est tout l’intérêt du mécanisme.

Repartir d’une configuration vierge

Réinitialiser un switch récupéré d’un autre site suppose de supprimer les deux fichiers de démarrage, puisque le certifié servirait sinon de secours.

  1. Supprimer les deux fichiers de configuration

    Terminal
    rm /flash/working/boot.cfg
    rm /flash/certified/boot.cfg
  2. Se placer sur le répertoire de travail

    Terminal
    cd working
  3. Redémarrer sans temporisation de retour arrière

    Terminal
    reload working no rollback-timeout

    Confirmez avec y. Le switch redémarre sur un répertoire vide et repart avec sa configuration d’usine.

    ExplanationCe que fait le rollback-timeout

    Par défaut, un redémarrage sur working arme un compte à rebours. Si vous ne certifiez pas la configuration avant son expiration, le switch repart automatiquement sur certified. C’est une protection contre la configuration qui vous coupe l’accès : elle se répare toute seule. no rollback-timeout désarme ce mécanisme, ce qui est légitime ici puisque l’on veut précisément une configuration vide, mais dangereux dans tout autre contexte à distance.

Danger

Ces commandes effacent la totalité de la configuration, sans confirmation intermédiaire ni possibilité de retour. Exportez une image avec show configuration snapshot avant de commencer si le contenu actuel a la moindre valeur.

Adresser et segmenter

Créer et supprimer un VLAN

Terminal
vlan 10 name TEST

Crée le VLAN 10 et le nomme TEST, en une seule commande là où IOS en demande deux.

Terminal
no vlan 10

Supprime le VLAN 10.

Voir la répartition des VLANs sur les ports

Terminal
show vlan port

C’est l’équivalent du show vlan brief de Cisco : la commande à lancer en premier quand deux machines ne se voient pas.

Adresser une interface

Terminal
ip interface <nom> address <@ip> mask <masque> vlan <vlan_num>
Terminal
show ip interface
ExplanationL'interface IP est nommée, pas numérotée

Sur AOS, une interface IP porte un nom libre que vous choisissez, et se rattache à un VLAN par le paramètre vlan. Cisco raisonne à l’inverse, avec une interface virtuelle dont le numéro est celui du VLAN (interface vlan 10). Choisissez un nom parlant, du type vlan10-admin : c’est lui qui apparaîtra dans toutes les sorties de diagnostic.

Empiler et superviser

Renuméroter un élément de pile

Terminal
stack set slot 1 saved-slot 2

1 est le numéro de slot actuel, 2 celui que vous voulez lui attribuer. Le changement prend effet au redémarrage suivant.

Terminal
show stack topology

Affiche l’ordre des éléments et l’état des câbles d’empilage.

TipPourquoi renuméroter

Le numéro de slot détermine la désignation des ports, 1/1/1 pour le premier port du premier élément. Remplacer un équipement défaillant sans reprendre son numéro décale toute la nomenclature, et rend fausses la documentation comme les étiquettes de brassage.

Créer un utilisateur

Terminal
user User1 password Test read-only all

Crée l’utilisateur User1 avec un accès en lecture seule sur toutes les familles de commandes. read-write all donne au contraire les pleins pouvoirs.

Warning

Ce mot de passe d’exemple n’a évidemment pas sa place ailleurs qu’en lab. Sur un équipement réel, appliquez la politique de mot de passe de votre organisation et supprimez le compte admin par défaut, ou changez-en le mot de passe avant toute mise en service.

Configurer SNMP

Terminal
snmp security no security
DangerCe réglage désactive toute protection SNMP

no security accepte les requêtes SNMP sans authentification ni chiffrement. N’importe qui joignant le switch peut alors lire sa configuration, et selon les droits accordés, l’écrire. Ce réglage ne se justifie qu’en lab fermé, pour faire fonctionner un outil de supervision ancien.

En production, utilisez SNMPv3 avec authentification et chiffrement, et limitez l’accès aux seules adresses de votre superviseur.

Ces commandes couvrent la mise en service d’un OmniSwitch et son exploitation courante. Le mécanisme des deux répertoires reste la seule vraie surprise pour qui vient d’IOS : bien compris, il transforme chaque modification à distance en opération réversible.

Utiliser avec une IA

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